🎨 Ce qui va façonner le marché crypto en 2026
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Le marché des cryptomonnaies a entamé l'année 2026 dans une phase de réorientation stratégique. Alors que le modèle classique du cycle de quatre ans a visiblement perdu de son influence en 2025, il est progressivement remplacé par la conjoncture macroéconomique, les flux de capitaux institutionnels et les décisions gouvernementales.
Plusieurs observateurs du marché s'attendent à ce que cette nouvelle année soit un tournant, non pas tant comme un rallye impulsif, mais plutôt comme un changement structurel de fond.
Les analystes de Sygnum s'attendent notamment à ce que la clarté réglementaire croissante aux États-Unis ouvre la voie à un développement actif de la réserve nationale de Bitcoin. Le CLARITY Act et une éventuelle législation sur le Bitcoin devraient créer le cadre juridique qui facilitera la détention de Bitcoin en tant qu'actif stratégique par des acteurs étatiques.
Sygnum juge également plausible que plusieurs pays du G20 incluent officiellement le Bitcoin dans leurs réserves cette année. Bien qu'ils anticipent initialement de faibles allocations (jusqu'à 1% des réserves), ils soulignent l'effet de signal significatif que cela engendrerait. À long terme, une adoption gouvernementale plus large pourrait contribuer à réduire considérablement l'écart entre le Bitcoin et l'or.
D'autres acteurs appellent à des attentes plus modestes. L'analyste blockchain Marcin Kazmierczak souligne que la baisse de l'offre disponible de Bitcoin a été jusqu'ici principalement alimentée par les ETFs et les acheteurs institutionnels, et non par les gouvernements. Pour 2026, il prévoit une approche plus progressive, menée par les États et les municipalités américaines, tandis que les grandes économies pourraient rester politiquement en retrait.
La société de trading Wintermute diagnostique également un changement structurel du marché. Selon eux, la liquidité en 2026 sera fortement concentrée sur quelques grandes capitalisations, tandis que les cycles classiques des altcoins ne se matérialiseront pas. Le résultat sera un marché plus étroit avec des flux de capitaux plus sélectifs.
Wintermute identifie trois catalyseurs possibles pour une reprise plus large en 2026: une expansion des mandats institutionnels au-delà du Bitcoin et de l'Ether, une nouvelle hausse brutale des cryptos majeures créant un appel d'air, et un retour des investisseurs privés qui sont actuellement davantage focalisés sur les actions, l'intelligence artificielle et les matières premières.
Des signes prudemment optimistes émergent aussi du côté macroéconomique. VanEck s'attend à ce que le premier trimestre soit fondamentalement favorable aux investissements à risque, soutenu par une meilleure prévisibilité des politiques budgétaires et monétaires. Bien que les signaux cycliques du Bitcoin soient mitigés à court terme, la baisse de l'incertitude et la stabilisation des données budgétaires pourraient favoriser les actifs à risque dans leur ensemble.
L'analyse d'Arthur Hayes, co-fondateur de BitMEX, corrobore cette vision. Il considère que les perspectives du Bitcoin en 2026 seront principalement liées à l'expansion de la liquidité du dollar, via la politique des banques centrales, les prêts ainsi que les programmes d'investissement soutenus par le gouvernement. Il interprète la faible performance du Bitcoin en 2025 comme une conséquence directe de la rareté des liquidités. Si ce facteur s'inverse, le Bitcoin pourrait à nouveau s'arrimer plus fortement aux flux mondiaux de capitaux.
En somme, les prévisions pour 2026 marquent moins le début d'un nouveau cycle d'euphorie que la transition vers une phase de marché façonnée par la politique et la macroéconomie. Le Bitcoin est de plus en plus discuté non seulement comme un actif spéculatif, mais aussi comme un instrument stratégique dans le contexte des finances publiques, de la politique de liquidité et de l'infrastructure institutionnelle. Reste à savoir si cela se traduira réellement par des réserves souveraines, mais l'évolution du débat représente en elle-même une rupture structurelle avec la logique de marché précédente.
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🔄 Bitcoin fait un reset : plus d'institutions, moins de levier
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Les flux de capitaux institutionnels, une réduction significative des positions à effet de levier et de nouveaux achats massifs ont défini le marché du Bitcoin ces derniers jours.
Les ETFs spot Bitcoin ont enregistré des entrées nettes de $1.42 milliards la semaine dernière, la plus forte depuis octobre. Rien que mercredi, environ $844 millions ont afflué vers ces ETFs.
Les ETFs Ethereum ont également levé des capitaux. Selon Kronos Research, la combinaison des achats d'ETFs et de la baisse de la pression vendeuse des whales indique une forte baisse de l'offre disponible. Les données on-chain montrent que les grands détenteurs d'ETH ont considérablement réduit leurs ventes nettes depuis fin décembre.
L'intérêt ouvert sur les marchés dérivés du Bitcoin a également chuté d'environ 30% depuis octobre. CryptoQuant interprète cela comme un signal classique de deleveraging : les positions à effet de levier excessif ont été réduites, ce qui, historiquement, s'accompagne souvent de corrections de marché et de la formation de paliers plus stables. Bien que les analystes préviennent qu'un deleveraging supplémentaire pourrait suivre si le marché retombait dans une phase baissière, la réduction des contrats ouverts réduit le risque de liquidations en cascade à court terme.
Par ailleurs, Strategy a poursuivi sa stratégie d'accumulation agressive en achetant 13'627 BTC pour $1.25 milliards au début du mois. Cela porte ses avoirs à plus de 687'000 BTC, un achat à nouveau financé par des émissions d'actions.
Les données on-chain révèlent également un renversement de tendance : les adresses détenant entre 1'000 et 10'000 BTC ont récemment enregistré une augmentation de leurs avoirs après des mois de distribution nette. CryptoQuant parle d'un signal d'accumulation précoce après la phase de distribution la plus forte depuis 2023.
Dans l'ensemble, les entrées dans les ETFs, la baisse des leviers et les nouveaux investissements importants indiquent une phase de marché où le capital se positionne de manière de plus en plus sélective et structurelle plutôt que spéculative. Les données montrent moins d'euphorie mais plus d'ordre : la demande spot remplace le levier des dérivés, et les bilans d'entreprises prennent la place des traders à court terme. Cela suggère une lente reconstruction de la force du marché plutôt qu'un redémarrage impulsif du cycle.
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🦾 Activité record et forte demande pour les ETFs Ethereum
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Ethereum entame également la nouvelle année avec une structure de marché sensiblement modifiée. La file d'attente de sortie du staking est tombée à zéro pour la première fois depuis des mois, tandis que la file d'attente d'entrée a grimpé à environ 2.6 millions d'ETH en quelques semaines.
Les nouveaux validateurs doivent actuellement attendre jusqu'à 45 jours pour pouvoir démarrer, alors que les retraits sont traités en quelques minutes. Les analystes y voient un signe clair de la baisse de la pression vendeuse et de l'attrait croissant de l'ETH en tant qu'actif générateur de rendement.
Des acteurs comme BitMine Immersion Technologies figurent parmi les moteurs de cette évolution, ayant apporté d'importantes quantités d'ETH au processus de staking. Au total, environ 36 millions d'ETH sont désormais dans le système de validation du réseau, ce qui correspond à environ 29% des ETH en circulation.
En parallèle, les ETFs spot Ethereum américains connaissent à nouveau des flux entrants significatifs. En quatre jours, près de $475 millions ont afflué vers ces produits, tandis que le volume quotidien d'achats institutionnels nets augmentait à nouveau. Les observateurs du marché y voient une différence majeure par rapport aux mois précédents : une nouvelle demande rencontre une offre en baisse. Bien que le prix de l'ETH reste bien en deçà de son sommet historique de 2025, les traders soulignent la combinaison des flux ETF, de l'activité réseau croissante et d'une structure de marché stabilisée comme prérequis à une reprise plus durable.
Ethereum atteint également de nouveaux sommets en termes d'utilisation. Glassnode rapporte que la "rétention de l'activité" a presque doublé en un mois. Le nombre de premières adresses actives est passé de 4 à 8 millions. Simultanément, les adresses actives quotidiennes ont dépassé la barre du million pour la première fois depuis des années, tandis que les transactions quotidiennes ont atteint de nouveaux records à 2.9 millions. Santiment rapporte aussi une moyenne de plus de 300'000 nouveaux wallets créés par jour.
Les principaux moteurs de cette croissance sont l'utilisation en hausse des stablecoins, la baisse des frais et les améliorations techniques issues des récentes mises à jour d'Ethereum, rendant les interactions avec le réseau moins coûteuses et plus fluides.
En résumé, nous assistons à la convergence de plusieurs développements : des flux de capitaux croissants via des produits réglementés, un verrouillage accru de l'offre dans le système de staking et une expansion mesurable de l'utilisation réelle de la blockchain. Cette convergence indique une phase où les fondamentaux devraient primer sur les rotations de marché à court terme.
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📢 L'appel de Vitalik sur fond de clash réglementaire aux États-Unis
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La réglementation crypto aux États-Unis est dans une nouvelle impasse, le vote prévu sur le Digital Asset Market Clarity Act (CLARITY) au sein du Comité bancaire du Sénat américain ayant été reporté indéfiniment. Les représentants de la DeFi ont exprimé de fortes critiques sur ce projet de loi, notamment sur les dispositions concernant les actions tokenisées, le rendement sur les stablecoins et la question de savoir jusqu'où des obligations telles que le KYC ou l'enregistrement auprès de la SEC pourraient affecter les développeurs et fournisseurs d'infrastructure.
Le DeFi Education Fund a averti que certains changements proposés pourraient gravement nuire au secteur DeFi et aggraver la situation pour les développeurs. Pour Paradigm et Variant, des "changements significatifs" sont nécessaires dans le projet, sa dernière version laissant trop d'incertitude sur la distribution des responsabilités.
Brian Armstrong, le PDG de Coinbase, a retiré son soutien au projet, évoquant des conséquences "catastrophiques" pour les consommateurs et soulignant qu'il valait mieux n'avoir aucune loi qu'une mauvaise loi. Il a toutefois réfuté les rumeurs de conflit entre sa société et la Maison Blanche, affirmant que le gouvernement était constructif et avait demandé à Coinbase de travailler avec les banques sur une solution. L'objectif est de fixer une nouvelle date de vote pour "dans quelques semaines".
Le débat révèle une industrie divisée. Au cœur du problème la question de savoir si les rendements obtenus sur des stablecoins peuvent être reversés aux utilisateurs. Sur ce point, les banques et une partie de l'industrie crypto ont des intérêts opposés. David Solomon, PDG de Goldman Sachs, a déclaré que le CLARITY Act avait "encore un long chemin à faire", mais que la banque suivait le dossier de très près en raison de son importance pour la tokénisation et les stablecoins.
Pendant que les États-Unis s'enlisent sur ces questions, l'Europe fait face à un problème d'échéance. Selon Reuters, le régulateur français a identifié 90 entreprises crypto enregistrées mais ne possédant pas encore de licence MiCA, malgré l'échéance fixée à fin juin 2026. Environ 40% des entreprises concernées n'ont pas l'intention de postuler, 30% sont en cours de demande et 30% n'ont pas répondu. Sans licence, ces entreprises devront cesser leurs activités d'ici juillet. L'ESMA s'attend à une "liquidation ordonnée" des fournisseurs non autorisés, tandis que la Commission européenne a suggéré une supervision centrale renforcée par l'ESMA, une proposition vue par l'industrie comme un frein potentiel aux licences et aux startups.
Pendant ce temps-là, le co-fondateur d'Ethereum Vitalik Buterin s'est longuement exprimé pour avertir qu'Ethereum avait fait des "pas en arrière" en matière de décentralisation, de confidentialité et de souveraineté individuelle au cours des dix dernières années. Il a martelé que 2026 devait être l'année où tous ces compromis ne devraient plus êtres acceptés.
Ses priorités incluent les paiements privés, l'abaissement des barrières pour tourner des nœuds complets, des Dapps sans serveurs centralisés, plus de contrôle sur les données on-chain et des portefeuilles à récupération sociale.
Il soutient également qu'Ethereum doit passer un walk-away test, c'est-à-dire que le protocole doit être suffisamment robuste et décentralisé pour que sa proposition de valeur continue de fonctionner pendant des décennies, même si plus aucun développeur n'était actif. Cela nécessiterait, entre autres, une résistance quantique, une architecture évolutive et un modèle de création de blocs résistant à la centralisation et à la censure. Buterin appelle aussi à une alternative décentralisée pour les stablecoins, dont la stabilité ne dépendrait pas que d'une seule devise fiat, mais d'un panier diversifié d'actifs et de monnaies.
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🏦 Institutions et tokénisation : de hype à infrastructure
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Les acteurs financiers traditionnels sont en train de passer de tokénisation d'actifs en tant que phase pilote à des produits commercialisés.
State Street a lancé la semaine dernière une plateforme institutionnelle d'actifs numériques conçue pour aider les clients à créer des fonds monétaires tokénisés, des ETFs, des dépôts tokénisés et des stablecoins. L'offre inclut la conservation et l'accès à divers actifs numériques, initialement pour les clients institutionnels et sous réserve des approbations réglementaires requises. State Street positionne explicitement la tokénisation comme une "stratégie centrale", s'appuyant sur ses activités de 2025, incluant un projet de fonds tokénisé avec Galaxy Asset Management et Ondo Finance sur Solana, conçu pour permettre une liquidité 24/7 via des cash sweeps sur la blockchain.
En parallèle, SWIFT teste l'interopérabilité entre son infrastructure de paiement traditionnelle et les actifs tokénisés. En coopération avec Société Générale-Forge (SG-Forge), le règlement d'obligations tokénisées en monnaie fiduciaire et numérique a été testé en incluant l'émission, la livraison contre paiement, le paiement des coupons et le rachat des obligations. Le stablecoin euro EUR CoinVertible (EURCV), introduit par SG-Forge sur Ethereum en 2023, a été utilisé pour ce projet. SG-Forge décrit l'EURCV comme un instrument de règlement on-chain conforme à MiCA et "nativement" compatible avec les capacités d'interopérabilité de SWIFT. SWIFT travaille sur un système intégrant les registres blockchain dans sa propre infrastructure, destiné à servir de protocole de transaction en temps réel commun et basé sur des règles pour les institutions financières.
Le secteur des matières premières montre aussi que le trading se déplace vers de nouveaux rails : selon Cex.io, l'or tokenisé a fortement crû en 2025. La capitalisation boursière a augmenté de 177%, passant d'environ $1.6 milliards à $4.4 milliards, une augmentation de $2.8 milliards représentant presque 25% de la croissance nette totale du secteur des actifs tokénisés.
Le volume de trading de l'or tokénisé avoisinait les $178 milliards en 2025, avec un fort quatrième trimestre, le Tether Gold (XAUT) dominant une grande partie de l'activité.
Malgré cette poussée des stablecoins centralisés, Vitalik Buterin appelle à de "meilleurs stablecoins décentralisés", car la dépendance totale à une seule devise fiduciaire (principalement l'USD) menace la résilience de l'écosystème à long terme. Il cite le besoin d'oracles robustes et une logique de stabilité capable de résister aux périodes de stress et aux mouvements de prix brusques comme des domaines nécessitant encore du travail. En effet, des améliorations de scaling et d'interopérabilité sont insuffisantes si la couche monétaire elle-même reste fragile et vulnérable.
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